Le Conseil d’administration (CA) de l’ASBL Jambes 2000 a appris avec stupeur la décision de la Ministre Valérie Glatigny de retirer l’agrément de la Maison des jeunes de Jambes. Le CA, réuni ce 15 février, a décidé à l’unanimité d’engager toutes les voies de recours possibles. En cette période de crise sanitaire et sociale, le CA appelle Madame la Ministre à prononcer un moratoire sur le non-renouvellement des agréments. En attendant, l’équipe de la MJ reste en place et la priorité du CA est de rouvrir progressivement la MJ dans le respect des règles sanitaires et des protocoles toujours en vigueur.

La MJ de Jambes existe depuis près de 40 ans et est installée à côté de l’Espace Laloux au cœur du Parc Astrid de Jambes. Elle est gérée par une dizaine d’employés, une douzaine de volontaires en charge de 20 ateliers hebdomadaires et concerne plus de 200 jeunes. La MJ de Jambes est la seconde plus importante en Fédération Wallonie-Bruxelles.

De nombreux changements à plusieurs niveaux  ont eu lieu ces dernières années. Le CA actuel, totalement renouvelé en 2018, a hérité d’une situation compliquée, nécessitant une réforme de la gouvernance de l’association. Les problèmes de gestion ont fortement impacté l’équipe, avec de nombreux absents de longue durée, suivis de départs. Le renouvellement d’une grande partie de l’équipe s’est effectué au début de l’année 2020. Un changement de présidence est également intervenu, de commun accord et avec le soutien de tout le CA, afin de relever les nouveaux défis en termes de recrutement, relance des activités, avenir des locaux ….

La crise sanitaire que nous traversons depuis près d’un an a freiné cette dynamique malgré l’arrivée d’une nouvelle coordinatrice et responsable pédagogique. Elles ont dû, dans les conditions difficiles du premier confinement, s’atteler à la rédaction d’un plan quadriennal et d’un rapport d’activité pour l’année 2019 qu’elles n’ont pas vécues à la MJ. Malgré le travail de qualité réalisé avec le soutien des animateurs et du CA, l’inspection a remis un avis négatif au mois de novembre 2020, préconisant même le retrait de l’agrément de la MJ. Un second avis a été donné par la Commission Consultative des Fédérations de Maison de Jeune au mois de décembre qui lui fut positif, soulignant le travail de qualité réalisé dans le rédaction du plan quadriennal. La décision finale appartenant à la Ministre de tutelle Mme Glatigny, celle-ci devait se prononcer fin janvier. Malgré le rapport négatif, l’évolution positive de la MJ tout au long de l’année 2020 permettait d’espérer une sanction limitée, la MJ pouvant être rétrogradée d’une catégorie sans pour autant menacer la continuité de ses activités.

Le verdict est tombé ce 1er  février, la Ministre ayant décidé de ne pas suivre l’avis de la Commission Consultative, et de retirer l’agrément. Cette décision implique la fin de la subvention permettant de couvrir la majeure partie des frais salariaux de la MJ. Une procédure de recours est possible et le CA réuni ce lundi 15 février  a décidé de l’engager immédiatement. De nouvelles auditions auront lieu et de nouveaux avis seront rendus.

Le CA et l’équipe souhaitent faire valoir leurs arguments, ce qu’ils n’ont malheureusement pas pu faire avant la remise du rapport de l’inspection faute d’avoir été entendus. Un dossier détaillé sera rédigé avec tous les éléments prouvant que le travail attendu a été réalisé, tant vers les jeunes que dans la gestion de l’association. Toutes les marques de soutien de la part des jeunes, leurs parents, les autres MJ namuroises et au-delà, les autorités communales seront ajoutées à ce dossier.

En parallèle de cette procédure de renouvellement d’agrément, la MJ a dû gérer en 2020 la question de l’occupation des lieux. La convention d’occupation des lieux appartenant à la Ville de Namur arrivant à son terme fin 2020, la Ville a notifié à la MJ son souhait de récupérer les locaux occupés par la MJ depuis plus de 30 ans. Des échanges réguliers ont eu lieu avec l’Échevin chargé des bâtiments publics, une première proposition généreuse a été faite, proposant la construction d’une annexe à la Maison de Quartier du Petit Ry. Malheureusement, les conditions d’occupation ne permettaient pas de répondre aux exigences du décret des Maisons de Jeunes au niveau de l’exclusivité des lieux. Un accord a été trouvé au mois de décembre, le CA étant disposé à quitter les lieux dans les meilleurs délais sous réserve d’ une intervention de la Ville permettant de couvrir les frais de loyer d’une nouvelle surface adaptée aux activités et surtout permettant au public des jeunes de Jambes d’y accéder facilement. Les recherches sont toujours en cours, le CA et l’équipe espèrent pouvoir effectuer le déménagement dans le courant de cette année.

Dans l’immédiat, la priorité pour l’équipe est de rouvrir progressivement la MJ dans le respect des règles sanitaires et des protocoles en vigueur. En attendant, le CA souhaite faire de la transparence sont leitmotiv. C’est pourquoi il souhaite diffuser autant que faire se peut les informations en sa possession concernant la situation et l’avenir de la MJ. Cela va nécessiter un travail avec les jeunes qui, légitimement, se posent beaucoup de questions. Afin de répondre au mieux à leurs interrogations, une permanence sera mise en place avec au minimum une responsable et un.e animateur/trice. Les horaires précis seront communiqués dans les prochains jours sur notre site et réseaux sociaux ainsi qu’affichés à l’entrée de la MJ.

Par ailleurs, une journée de mobilisation nationale afin de sensibiliser les dirigeants politiques aux besoins de réouvertures est prévue mercredi 24 février à l’initiative d’autres MJ. La MJ de Jambes avait prévu de s’y associer avec l’accord et le soutien de son CA. Vu les circonstances particulières et le désarroi des jeunes dans la perspective d’une potentielle fermeture, ils seront invités à se mobiliser dans le Parc Astrid dans le respect des règles de distanciation et de gestes barrières.

Le Conseil d’Administration, toute l’équipe et les jeunes fréquentant la MJ de Jambes invitent Madame la Ministre Glatigny à entendre cet appel et à prononcer un moratoire sur le non-renouvellement des agréments.

Le contexte de crise sanitaire impacte lourdement la jeunesse et les cris de détresse sont de plus en plus nombreux. On peut se demander si une décision de fermeture de plusieurs MJ ( trois autres sont également concernées), quelles que soient leur situation individuelle, soit judicieux. Au minimum, un moratoire devrait permettre à toutes les MJ de fonctionner jusqu’à la sortie de crise afin de répondre aux besoins pressants de nombreux jeunes. Les conditions de travail de ces derniers mois ne permettent pas non plus d’assurer une défense face aux reproches qui ont été adressés. Une nouvelle évaluation devrait être réalisée après ce moratoire et une période probatoire de six mois minimum.

Le Conseil d’administration de l’ASBL Jambes 2000.

 

Contacts :

Jean Gréban, président Jambes 2000 asbl, jgreban@gmail.com

Roxanne Flament, coordinatrice, coordination.jambes2000@gmail.com